observatoire national de la précarité énergétique – Retour sur les chiffres de 2019
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Le nombre de personnes touchées par la précarité énergétique a augmenté de 3,4 % (233 000 personnes) en 2018. La hausse est due principalement à l’augmentation des prix finaux de l’énergie (en particulier en raison des taxes et de la fiscalité énergétique) mais est atténuée par un hiver doux et une amélioration générale de la performance énergétique des bâtiments.
On y apprend aussi que 70 % des personnes interrogées en 2019 (représentatives de la population française) jugent que « dans [leur] foyer, la consommation d’énergie est un sujet de préoccupation important ». On entend régulièrement que l’énergie est un sujet peu approprié/compris par les ménages, en revanche la facture d’énergie semble être un sujet pour ces ménages même lorsqu’ils ne sont pas en situation de précarité énergétique. Toutefois, on peut tempérer ce constat par la surprenante baisse tendancielle de cette proportion entre 2013 et 2018 (80 % en 2013). Cette indicateur est toutefois basé sur un ressenti, contrairement à celui du nombre de personnes touchées par la précarité énergétique.
Le rapport de l’ONPE donne aussi de bons éléments de contexte sur l’état de la pauvreté en France, les prix des énergies et les indicateurs de difficulté des ménages à payer leur facture. Ce dernier sujet mérite d’être regardé attentivement dans le cadre des municipales qui approchent.
En termes de solutions, il semble y avoir un engouement certain pour le programme Habiter Mieux de l’Anah, permettant de faciliter le financement des rénovations pour les (co-)propriétaires habitants ou bailleurs modestes. Les CEE précarité énergétique sont aussi assez utilisés (fiancés par les acteurs obligés et destinés à réaliser des travaux) mais le recours est très fluctuant selon les années.
Le fonds solidarité logement est assez large (aide/maintien au logement, en particulier aide au paiement des factures) et géré par la CAF, l’état, les fournisseurs d’énergie (et d’autres), les prestations varient selon les départements et il semble de moins en moins utilisé.
Les chèques énergies ont complété le dispositif pour l’aide au paiement des factures, ils ont été envoyé à environ 5,8 millions de ménage en 2019 et semblent avoir un taux d’utilisation légèrement inférieur à 80 %.
Parmi les aides extra-légales : les CCAS font aussi partie des dispositifs d’aide dans certains cas et selon diverses formes (selon les CCAS), ceux-ci notent majoritairement une stabilité ou une augmentation du recours aux aides qu’ils proposent en 2019. Par ailleurs, d’autres aides proviennent d’association (secours catholique) et fondation (Abbé Pierre), pas d’évolution indiquée cependant pour ces dispositifs.
Enfin, le Service Local d’Intervention pour la Maîtrise de l’Energie (SLIME) du CLER est un service pensé comme un guichet unique, dont la mission est de repérer, diagnostiquer et orienter les ménages en précarité énergétique. Le nombre de ménages accompagnés a fortement progressé entre 2013 (date de création) et 2019 passant de 376 à 13 482. Ce dispositif est une source d’inspiration à également regarder de près dans le cadre des programmes municipaux.
Vous pouvez consulter la version complète du Rapport de l’ONPE en cliquant sur ce lien.