Nucléaire en Normandie : Stop au désastre !

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Retrouvez ci-dessous le communiqué de presse des élu.e.s écologistes normands


L’EPR de Flamanville ne sera donc pas mis en service fin 2022. C’est, sans grande surprise, ce qui a été annoncé ce mercredi 12 janvier par EDF qui fait reposer cette fois-ci la responsabilité de cet énième décalage sur la pandémie.

Ce retard au lancement, prévu désormais au second trimestre 2023, fait encore grimper la facture qui passerait selon EDF à 12,7 milliards d’euros. Mais ces montants, déjà gigantesques, sont largement minimisés. C’est ainsi que la Cour des comptes estimait dans son rapport de juillet 2020 que l’EPR de Flamanville coûterait 19,1 milliards d’euros (à comparer aux 3,3 milliards prévus initialement !)

Le chantier, qui aurait dû s’achever en 2012, accumule depuis l’origine retards, malfaçons et autres failles de sécurité. En 2008, il s’agissait de fissures dans la dalle de béton du bâtiment du réacteur, puis des « nids de cailloux et des cavités » dans la piscine de refroidissement du combustible radioactif. En 2015, c’est la composition de l’acier du couvercle et du fond de la cuve qui n’était pas conforme à la réglementation et devra faire l’objet d’essais pour, peut-être, être validée par l’ASN. Enfin, en 2018 et 2021, c’est la soudure qui a fait grandement défaut.

En plus de ces risques de sécurité, s’ajoutent des conditions de travail déplorables qui ont valu aux sociétés chargées des travaux une condamnation pénale confirmée le 12 janvier 2021 par la Cour de cassation pour travail dissimulé.

En juillet 2020, la Cour des comptes concluait à un « échec opérationnel aux causes multiples ». EDF clame que cette « expérience emmagasinée » avec le retard de mise en service de l’EPR va être « mise à profit des futurs réacteurs construits en France et partout dans le monde », alors même que l’EPR dérivé de celui de Flamanville situé à Taishan en Chine, mis en service en 2018, est à l’arrêt depuis juillet 2021 pour des dysfonctionnements dus à une mauvaise conception de la cuve.

Au total, le chantier de l’EPR de Flamanville accuse plus de 10 ans de retard et on peut d’ores et déjà parier que ce nouveau report en appellera d’autres. Jusqu’à quand ?

L’expérience d’un tel désastre industriel et financier ne devrait-elle pas nous faire renoncer aux lancements de projets rimant avec risque nucléaire accru, accumulation de déchets radioactifs et gaspillage d’argent public ?

Las, le Président de la République, Emmanuel Macron, annonçait récemment la construction de nouveaux EPR,  perpétuant ainsi une politique de développement du nucléaire avec l’assentiment du Président de notre Région, territoire sur lequel deux tranches supplémentaires sont projetées à Penly.

Pourtant, les alternatives existent : Negawatt nous propose dans son scénario 2022 des émissions nettes de gaz à effet de serre nulles d’ici 2050 et un système énergétique alimenté à 96 % par des sources renouvelables. Trois des six scénarios présentés par RTE (Réseau de Transport d’Électricité) le 25 octobre dernier amènent à la neutralité carbone d’ici 2050 avec 100% d’énergies renouvelables. 

L’argent public gaspillé dans le nucléaire pourrait financer le développement des énergies renouvelables, rapides à mettre en place et indispensables au respect de nos engagements pour enrayer le dérèglement climatique, alors que pour 1 emploi dans le nucléaire, on peut en créer 3 dans le secteur secteur des énergies renouvelables, de la sobriété et de l’efficacité énergétique.

Plus que jamais, il est temps d’emprunter un autre chemin, celui qui permettra d’allier sortie progressive du nucléaire et réponse au défi climatique tout en créant de nombreux emplois durables et non délocalisables sur l’ensemble de nos territoires.