Mini réacteurs nucléaires : l’énième fuite en avant

Partagez ce contenu
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Facebook
Facebook
Share on LinkedIn
Linkedin

La semaine dernière, la majorité présidentielle a laissé entendre qu’Emmanuel Macron prendrait la parole courant octobre, lors d’un déplacement, pour annoncer la volonté de l’État de développer les SMR (Small Modular Reactor). EELV dénonce cette manœuvre électoraliste et plaide pour une sortie raisonnable et pilotée du dogme nucléaire en France.

Avec des si on mettrait Paris en bouteille. Avec un déplacement qu’on nous promet courant octobre, Emmanuel Macron devrait annoncer la volonté de la France de s’entêter toujours plus dans la technologie nucléaire, à rebours du sens de l’histoire et de toute raison. Son idée ? Développer sur le territoire des SMR, pour Small Modular Reactor, autrement appelés des mini-réacteurs, soi-disant plus facilement déployables et modulables.

Or, cette technologie SMR n’est même pas maîtrisée par la France. La filière annonce le premier dessin pour 2022, un dossier terminé pour 2026 et une finalisation espérée pour 2030. Quand on connaît les retards de cette même filière sur l’EPR (10 ans de retard et un surcoût de 16 milliards d’euros), on peut douter de l’intérêt d’une telle technologie pour lutter contre le dérèglement climatique. Si les prototypes apparaissent au mieux en 2030, il n’y aura pas de production en série avant 2040. De plus, les pays qui se sont lancés dans la production des SMR (Russie, Chine, Corée du Sud) n’ont toujours pas trouvé de clients. Quel est donc l’intérêt quand on sait qu’il faut agir maintenant au regard de l’urgence climatique ? Qui sont donc les utopistes au regard du coût actuel des énergies renouvelables ?

L’avenir de la politique et de l’indépendance énergétique française repose sur les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables, et non sur une énergie nucléaire coûteuse et risquée. Dans cette énième fabulation autour d’une technologie qui n’existe même pas encore, nous déplorons l’entêtement mortifère et l’hystérie collective des politiques au sujet d’une technologie dont plus personne ne veut. EELV dénonce cette fuite en avant (alors que l’EPR n’est même pas  mis en service) et déplore que les choix industriels et technologiques d’avenir ne soient pas dictés par la raison.

Nous, écologistes, assumons le besoin de sobriété. Les SMR, comme l’ensemble de ces technologies fantasmées, sont une énième chimère pour ne pas remettre en cause le modèle de la société de sur-consommation. Tant qu’on ne pose pas sérieusement  la question des usages, il est quasiment vain de parler des moyens de production d’énergie. Ainsi, les SMR sont une distraction des vrais objectifs : le développement massif des énergies renouvelables, la réforme de la tarification de l’énergie avec les premiers kwH gratuits et la tarification progressive et la réduction des consommations par un grand plan d’investissement dans la rénovation thermique.