Procès des militants anti-nucléaires à Bure : un procès d’intimidation

Partagez ce contenu
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on Facebook
Facebook
Share on LinkedIn
Linkedin

Alors que s’est achevé ce jeudi, à Bar-Le-Duc, le procès des sept militant·es anti-nucléaire opposé·es au projet Cigéo d’enfouissement des déchets radioactifs, EELV leur apporte tout son soutien et dénonce un procès d’intimidation orchestré par l’Etat français.

Commandé par l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), le projet Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) qui prévoit d’enfouir près de 85 000 mètres cubes de déchets radioactifs à Bure, est très contesté localement et nationalement, depuis la fin des années 1990. Europe Ecologie Les Verts est opposé de longue date à ce projet de “poubelle nucléaire” en raison des réserves sur la sûreté du site émises par l’ASN et l’IRSN (risques d’incendies avérés), de son coût (plusieurs dizaines de milliards d’euros), de son caractère anti-démocratique (imposé à la population locale) et incertain pour les générations futures (implanté à proximité d’une nappe phréatique).

Après une enquête hors norme de plusieurs années, qui aura déployé des moyens colossaux pour finalement accoucher d’une souris, les 7 prévenus sont aujourd’hui inculpés d’associations de malfaiteurs et accusés d’avoir participé à une manifestation non déclarée. Le procureur a requis jeudi des peines allant de dix mois avec sursis à douze mois ferme contre un prévenu déjà condamné. Le jugement sera rendu le 21 septembre.

Rappelons les chiffres ubuesques : 4 années d’enquête, plus d’un million d’euros d’argent public dépensé, 30 personnes mises sur écoute quotidienne, 90 000 messages et conversations retranscrits, 25 perquisitions, 20 164 pages de dossier d’instruction, pour, en définitive, sept personnes au tribunal. Pour y parvenir, l’Etat a en outre déployé des logiciels techniques utilisés dans les cas de meurtres ou d’affaires terroristes : technologies poussées d’écoutes et de surveillance, traçage physique et numérique des militants, perquisitions, etc. 

EELV dénonce un dévoiement grave des dispositifs anti-terroristes pour une utilisation à des fins politiques. Nous dénonçons également un procès pour rien, qui vient parachever des années d’intimidation et de pressions exercées sur des militants anti-nucléaires et écologistes afin de criminaliser et d’effrayer l’opposition politique.

Le dossier constitué par l’Etat est tellement vide que seule la défense aura appelé des témoins à la barre. Cette montagne judiciaire et administrative cache la forêt des renoncements et des excès d’un projet Cigéo largement décrié. EELV souhaite donc apporter son soutien aux 7 prévenus et renouveler son opposition au projet Cigéo.

Il est aujourd’hui temps d’en finir avec une énergie nucléaire coûteuse et dangereuse pour les citoyen·ne·s et les générations futures.